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Manuella Chagas
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Sunday 05 April 2026 00:40:21 GMT
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POURQUOI LES SÉLECTIONS NATIONALES DU SÉNÉGAL FONT-ELLES DE MOINS EN MOINS PEUR ? Le football sénégalais traverse actuellement une phase de déclin généralisé, perceptible dans la production de jeu et les résultats de nos différentes équipes nationales, toutes catégories confondues. Pour la première fois depuis longtemps, nous vivons un renouvellement simultané de toutes les générations victorieuses. Cette transition, bien que naturelle dans la vie d’une nation sportive, s’avère particulièrement périlleuse. L’exemple le plus récent est celui des U17, pourtant champions d’Afrique en titre, éliminés en quarts de finale de la CAN de leur catégorie au Maroc, malgré leur qualification pour le Mondial. Leur manque d’efficacité collective a mis en lumière les failles d’un système en perte de repères. Mal maîtrisé, ce renouvellement de cycle pourrait nous faire perdre la place que nous avons mis des années à conquérir sur la scène continentale et mondiale, et nous plonger dans une décennie de reconstruction. Chez les A, le nouveau sélectionneur Pape Thiaw affronte une pression immense : il doit prouver sa légitimité tout en obtenant des résultats immédiats. Il lui faut convaincre l’opinion publique, les joueurs, ainsi que les autorités sportives et politiques, qu’il incarne une vision crédible. Mais déjà, la bande à Sadio Mané peine à survoler sa poule qualificative pour la prochaine Coupe du Monde. La situation est encore plus inquiétante chez les jeunes, où les contre-performances se répètent. Il faut avoir le courage de rappeler un paradoxe que nous connaissons tous, mais que nous choisissons souvent d’ignorer : le Sénégal a remporté tous les trophées continentaux possibles, sans jamais s’appuyer sur une politique sportive cohérente, organisée et structurée. Nos succès, bien qu’issus d’années de sacrifices, sont le fruit d’initiatives individuelles, de parcours personnels de joueurs formés entre le pays et l’étranger, et de l’implication ponctuelle de certains clubs et académies. La Fédération sénégalaise de football a évidemment joué un rôle de coordination, mais jamais dans le cadre d’un système stratégique conduit par une Direction Technique Nationale forte, stable et visionnaire. C’est là que réside notre plus grande faiblesse. Malgré les nombreuses alertes lancées par des acteurs du football local, aucune politique sportive globale, structurée et proactive n’a été mise en œuvre. Aucun plan ambitieux n’a été décliné de l’État central jusqu’aux ligues régionales, pour organiser durablement la formation, assurer le suivi des jeunes joueurs et créer une dynamique de victoires durables. Certains citeront les stages de présélection à Toubab Dialaw ou à Guéréo, mais ces initiatives ne sont ni nouvelles ni suffisantes. Elles existent depuis longtemps et ne constituent pas une innovation structurelle. Ce qui nous fait défaut aujourd’hui, ce n’est pas tant l’infrastructure que la méthodologie, la vision et la continuité. Nos ligues régionales n’ont pas de politique de détection ni de structuration des petites catégories, et le passage d’une génération à l’autre se fait sans stratégie clairement définie. Nous devons avoir le courage de faire notre autocritique, de regarder nos limites en face. Il ne suffit plus d’avoir des joueurs de talent, il faut un système capable de les faire émerger, de les encadrer et de les faire durer. Il est bien entendu difficile de régner sur deux décennies consécutives, mais il est parfaitement possible de limiter la durée de nos cycles de disette. Cela suppose la mise en place d’un système résilient, capable de traverser les transitions sans s’effondrer. Certains diront que je dramatise, que je prédis un effondrement qui ne surviendra peut-être pas, et que ce faisant, je joue ma crédibilité. Mais je persiste : tout observateur lucide du football africain voit clairement la pente descendante sur laquelle notre football national est engagé. Nos équipes nationales, si elles ne changent rien à leur mode de fonctionnem
POURQUOI LES SÉLECTIONS NATIONALES DU SÉNÉGAL FONT-ELLES DE MOINS EN MOINS PEUR ? Le football sénégalais traverse actuellement une phase de déclin généralisé, perceptible dans la production de jeu et les résultats de nos différentes équipes nationales, toutes catégories confondues. Pour la première fois depuis longtemps, nous vivons un renouvellement simultané de toutes les générations victorieuses. Cette transition, bien que naturelle dans la vie d’une nation sportive, s’avère particulièrement périlleuse. L’exemple le plus récent est celui des U17, pourtant champions d’Afrique en titre, éliminés en quarts de finale de la CAN de leur catégorie au Maroc, malgré leur qualification pour le Mondial. Leur manque d’efficacité collective a mis en lumière les failles d’un système en perte de repères. Mal maîtrisé, ce renouvellement de cycle pourrait nous faire perdre la place que nous avons mis des années à conquérir sur la scène continentale et mondiale, et nous plonger dans une décennie de reconstruction. Chez les A, le nouveau sélectionneur Pape Thiaw affronte une pression immense : il doit prouver sa légitimité tout en obtenant des résultats immédiats. Il lui faut convaincre l’opinion publique, les joueurs, ainsi que les autorités sportives et politiques, qu’il incarne une vision crédible. Mais déjà, la bande à Sadio Mané peine à survoler sa poule qualificative pour la prochaine Coupe du Monde. La situation est encore plus inquiétante chez les jeunes, où les contre-performances se répètent. Il faut avoir le courage de rappeler un paradoxe que nous connaissons tous, mais que nous choisissons souvent d’ignorer : le Sénégal a remporté tous les trophées continentaux possibles, sans jamais s’appuyer sur une politique sportive cohérente, organisée et structurée. Nos succès, bien qu’issus d’années de sacrifices, sont le fruit d’initiatives individuelles, de parcours personnels de joueurs formés entre le pays et l’étranger, et de l’implication ponctuelle de certains clubs et académies. La Fédération sénégalaise de football a évidemment joué un rôle de coordination, mais jamais dans le cadre d’un système stratégique conduit par une Direction Technique Nationale forte, stable et visionnaire. C’est là que réside notre plus grande faiblesse. Malgré les nombreuses alertes lancées par des acteurs du football local, aucune politique sportive globale, structurée et proactive n’a été mise en œuvre. Aucun plan ambitieux n’a été décliné de l’État central jusqu’aux ligues régionales, pour organiser durablement la formation, assurer le suivi des jeunes joueurs et créer une dynamique de victoires durables. Certains citeront les stages de présélection à Toubab Dialaw ou à Guéréo, mais ces initiatives ne sont ni nouvelles ni suffisantes. Elles existent depuis longtemps et ne constituent pas une innovation structurelle. Ce qui nous fait défaut aujourd’hui, ce n’est pas tant l’infrastructure que la méthodologie, la vision et la continuité. Nos ligues régionales n’ont pas de politique de détection ni de structuration des petites catégories, et le passage d’une génération à l’autre se fait sans stratégie clairement définie. Nous devons avoir le courage de faire notre autocritique, de regarder nos limites en face. Il ne suffit plus d’avoir des joueurs de talent, il faut un système capable de les faire émerger, de les encadrer et de les faire durer. Il est bien entendu difficile de régner sur deux décennies consécutives, mais il est parfaitement possible de limiter la durée de nos cycles de disette. Cela suppose la mise en place d’un système résilient, capable de traverser les transitions sans s’effondrer. Certains diront que je dramatise, que je prédis un effondrement qui ne surviendra peut-être pas, et que ce faisant, je joue ma crédibilité. Mais je persiste : tout observateur lucide du football africain voit clairement la pente descendante sur laquelle notre football national est engagé. Nos équipes nationales, si elles ne changent rien à leur mode de fonctionnem

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