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Le problème de l’islamophobie en France est antérieur aux attentats : ceux-ci n’ont pas créé ce phénomène, ils ont surtout ouvert une véritable boîte de Pandore.
Avant cela, les préjugés anti-musulmans existaient déjà, mais ils demeuraient en partie contenus par une norme sociale et médiatique qui faisait encore du racisme quelque chose de honteux à assumer publiquement.
Les attentats ont fait sauter ce verrou. Ils ont offert un contexte émotionnel, sécuritaire et identitaire qui a permis la libération d’une parole jusque-là plus dissimulée. Mais surtout, cette période a coïncidé avec un basculement politique majeur : une partie de la classe dirigeante française a progressivement convergé avec les obsessions de l’extrême droite, notamment autour de l’islam, de l’immigration et de l’identité nationale. Dans ce processus, le rapprochement croissant entre certains courants sionistes et l’extrême droite française a joué un rôle déterminant. En substituant la figure du musulman à celle de l’ennemi traditionnel, ce ralliement a contribué à offrir au Rassemblement national une nouvelle respectabilité. Un parti historiquement marqué par l’antisémitisme et le racisme a ainsi pu se refaire une légitimité en se présentant comme défenseur des Juifs, de la République, de la laïcité et de la civilisation occidentale face à une menace islamiste constamment mise en avant.
Cette recomposition idéologique a fourni à l’extrême droite une vitrine républicaine inespérée et a entraîné derrière elle une large partie du champ politico-médiatique. Dès lors, le racisme anti-musulmans n’est plus apparu comme un dérapage, mais comme une opinion recevable, parfois même valorisée.
Il est devenu un classique du débat public français, permettant à un certain nombre de responsables politiques, de chroniqueurs et de commentateurs de prospérer sur cette peur et de se lâcher sans retenue.
2026-04-27 09:45:26