Tarah :
Il y a aussi une chose que tu as dite et qui mérite qu’on pose les vrais mots dessus : oui, quand on est déçus, on coupe les ponts, on bloque, on s'en va et on ne revient plus jamais en arrière. Mais ce n’est ni de la fierté, ni de la méchanceté. C’est juste qu'on n'a plus d’énergie à perdre.
Avant d’en arriver là, on a toujours tout essayé pour arranger les choses, pour que tout le monde soit bien. Le problème, c’est que nos proches prennent souvent cet amour débordant pour une faiblesse. Ils s'imaginent qu'on essaie "d'acheter" leur affection. Mais on n'achète pas l’amour ! On donne parce qu’on a un grand cœur, et on a simplement besoin d’être aimés en retour de la même manière qu’on aime.
Quand tu es à l'étranger, les gens pensent que parce que tu es loin, tu es vulnérable ou naïf. Alors le jour où je réalise que toute la tendresse, le respect et la bienveillance que je te donne sont pris pour de la folie ou de la bêtise — que tu sois de ma famille, un ami ou une connaissance — je coupe. Net. Sans transition.
C’est un chemin de non-retour parce que chaque être humain a une limite, et les Mbingis aussi ont la leur. Nous avons des cœurs. Nous avons besoin qu'on se soucie de nous. Quand on passe notre temps à demander si vous allez bien, à régler vos problèmes, on attend juste, parfois, qu'on nous retourne la question : "Et toi, comment tu vas là-bas ?"
Si je n'ai pas cette réciprocité, je n'ai plus rien à faire avec toi. Ce n'est pas un caprice, c'est un constat. Je coupe définitivement, parce que mon énergie est devenue trop précieuse pour être gaspillée là où on ne sait pas la respecter.
2026-05-31 21:09:12