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Avant même de porter un nom, le site de Nkuna existait, habité par les Téké. Le 3 octobre 1880, Pierre Savorgnan de Brazza achète au chef local Ntsulu une parcelle pour 200 francs. Le 1ᵉ juillet 1881, la Société de géographie de Paris scelle l'affaire : ce lieu s'appellera désormais Brazzaville. Les quartiers naissent ensuite, chacun portant en lui une histoire : > 𝟭𝟴𝟴𝟬 - 𝗟𝗲 𝗣𝗹𝗮𝘁𝗲𝗮𝘂 (𝗣𝗹𝗮𝘁𝗲𝗮𝘂-𝘃𝗶𝗹𝗹𝗲) : C'est le berceau de la ville. Son nom dit simplement ce qu'il est : une hauteur dominant le fleuve. C'est là que Brazza installe son premier poste militaire et administratif avant de repartir, en confiant la garde du pavillon français au sergent Malamine Camara, deux matelots pour toute garnison, d'octobre 1880 à mai 1882. > 𝟭𝟴𝟴𝟮 - 𝗟𝗲 𝗾𝘂𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲𝗿 𝗗𝗮𝗵𝗼𝗺𝗲𝘆 : Nommé ainsi car il servait de camp de base aux porteurs et bâtisseurs venus du Dahomey (Bénin). C’est la première main-d’œuvre importée pour construire les infrastructures coloniales. > 𝟭𝟴𝟴𝟱 - 𝗠𝗼𝘂𝗸𝗼𝘂𝗻𝗱𝘇𝗶-𝗡𝗴𝗼𝘂𝗮𝗸𝗮 : Fondé par Monseigneur Prosper Philippe Augouard, son nom est dérivé de 𝟭𝟴𝟵𝟮 - 𝗟𝗲 𝗾𝘂𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲𝗿 𝗗𝗮𝗸𝗮𝗿 : Avec l'arrivée des grandes maisons de commerce, une main-d'œuvre qualifiée (commerçants, artisans et lettrés) débarque d'Afrique de l'Ouest, majoritairement du Sénégal. Ils s'établissent dans cette zone qui prend naturellement le nom Dakar. > 𝘃. 𝟭𝟵𝟬𝟬 - 𝗕𝗮𝗰𝗼𝗻𝗴𝗼 : Littéralement "Chez les Kongo". Sa naissance est due à l'afflux massif de réfugiés ethniques fuyant la rive belge (Léopoldville). Il est né pour regrouper les populations originaires du sud et de l'autre rive. Batetela, Mongo, Kongo. L'un d'eux, Kitengué, Batetela du Kasaï, s'impose au point de devenir chef du quartier. > 𝟭𝟵𝟬𝟵 - 𝗣𝗼𝘁𝗼-𝗣𝗼𝘁𝗼 : Signifie "La boue". Ce quartier a été créé par décret pour assécher les marais et y loger les travailleurs de diverses origines. Le nom rappelle l'effort de conquête de l'homme sur une zone marécageuse insalubre. > 𝘃. 𝟭𝟵𝟭𝟬 - 𝗟𝗲 𝗾𝘂𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲𝗿 𝗧𝗰𝗵𝗮𝗱 : Établi comme un campement militaire permanent. Il a été fondé pour fixer les tirailleurs tchadiens et sahéliens sur place après leurs campagnes, afin de maintenir une force de sécurité dans la ville. > 𝘃. 𝟭𝟵𝟮𝟬 - 𝗢𝘂𝗲𝗻𝘇𝗲́ : Signifie "Le marché". Il s'est développé autour des camps de travailleurs du chemin de fer (le CFCO). Il s'est formé spontanément autour d'un point de ravitaillement devenu permanent jusqu'à se transformer en "petit marché". On l'appelait parfois le quartier des "mangeurs de riz" à cause de l'influence des travailleurs ouest-africains et des techniques agricoles introduites par les travailleurs chinois dans les années 1920. > 𝘃. 𝟭𝟵𝟰𝟬 - 𝗠𝗼𝘂𝗻𝗴𝗮𝗹𝗶 : Tire son nom de la rivière locale (actuelle Maduku, certainement). Une zone de pêche et de maraîchage appartenant à une famille Téké, à l'origine. Avec l'explosion démographique après la Seconde Guerre mondiale, les terres ont été loties pour désengorger Poto-Poto. > 𝟭𝟵𝟰𝟮 - 𝗧𝗮𝗹𝗮𝗻𝗴𝗮𝗶̈ : Regarde-Moi signifie « Regarde-moi ». Le quartier naît de l’ambition de familles venues du Nord-Congo, qui y construisent des maisons en dur comme marque de réussite. Après les expulsions de Congolais de Léopoldville en 1964, il accueille aussi de nombreux rapatriés. Selon certains récits, son nom devient alors un symbole de résilience : « Regardez comme nous avons su nous reconstruire. » Comme le disaient les anciens Bakongo : « Mavula ma tuari », Brazzaville appartient à tout le monde. #LePerroquet #HistoireEtSociété #Nkouna #Congo #Brazzaville" width="135" height="240">
Avant même de porter un nom, le site de Nkuna existait, habité par les Téké. Le 3 octobre 1880, Pierre Savorgnan de Brazza achète au chef local Ntsulu une parcelle pour 200 francs. Le 1ᵉ juillet 1881, la Société de géographie de Paris scelle l'affaire : ce lieu s'appellera désormais Brazzaville. Les quartiers naissent ensuite, chacun portant en lui une histoire : > 𝟭𝟴𝟴𝟬 - 𝗟𝗲 𝗣𝗹𝗮𝘁𝗲𝗮𝘂 (𝗣𝗹𝗮𝘁𝗲𝗮𝘂-𝘃𝗶𝗹𝗹𝗲) : C'est le berceau de la ville. Son nom dit simplement ce qu'il est : une hauteur dominant le fleuve. C'est là que Brazza installe son premier poste militaire et administratif avant de repartir, en confiant la garde du pavillon français au sergent Malamine Camara, deux matelots pour toute garnison, d'octobre 1880 à mai 1882. > 𝟭𝟴𝟴𝟮 - 𝗟𝗲 𝗾𝘂𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲𝗿 𝗗𝗮𝗵𝗼𝗺𝗲𝘆 : Nommé ainsi car il servait de camp de base aux porteurs et bâtisseurs venus du Dahomey (Bénin). C’est la première main-d’œuvre importée pour construire les infrastructures coloniales. > 𝟭𝟴𝟴𝟱 - 𝗠𝗼𝘂𝗸𝗼𝘂𝗻𝗱𝘇𝗶-𝗡𝗴𝗼𝘂𝗮𝗸𝗮 : Fondé par Monseigneur Prosper Philippe Augouard, son nom est dérivé de "Mokonzi" (« chef ») : ce quartier porte le nom de Ngouaka, un chef converti. Il naît de la volonté de l'Église de regrouper chrétiens rachetés, convertis et travailleurs du Haut-Fleuve, Oubanguiens, Centrafricains, autour de la mission, afin de les préserver des influences "païennes". > 𝟭𝟴𝟵𝟮 - 𝗟𝗲 𝗾𝘂𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲𝗿 𝗗𝗮𝗸𝗮𝗿 : Avec l'arrivée des grandes maisons de commerce, une main-d'œuvre qualifiée (commerçants, artisans et lettrés) débarque d'Afrique de l'Ouest, majoritairement du Sénégal. Ils s'établissent dans cette zone qui prend naturellement le nom Dakar. > 𝘃. 𝟭𝟵𝟬𝟬 - 𝗕𝗮𝗰𝗼𝗻𝗴𝗼 : Littéralement "Chez les Kongo". Sa naissance est due à l'afflux massif de réfugiés ethniques fuyant la rive belge (Léopoldville). Il est né pour regrouper les populations originaires du sud et de l'autre rive. Batetela, Mongo, Kongo. L'un d'eux, Kitengué, Batetela du Kasaï, s'impose au point de devenir chef du quartier. > 𝟭𝟵𝟬𝟵 - 𝗣𝗼𝘁𝗼-𝗣𝗼𝘁𝗼 : Signifie "La boue". Ce quartier a été créé par décret pour assécher les marais et y loger les travailleurs de diverses origines. Le nom rappelle l'effort de conquête de l'homme sur une zone marécageuse insalubre. > 𝘃. 𝟭𝟵𝟭𝟬 - 𝗟𝗲 𝗾𝘂𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲𝗿 𝗧𝗰𝗵𝗮𝗱 : Établi comme un campement militaire permanent. Il a été fondé pour fixer les tirailleurs tchadiens et sahéliens sur place après leurs campagnes, afin de maintenir une force de sécurité dans la ville. > 𝘃. 𝟭𝟵𝟮𝟬 - 𝗢𝘂𝗲𝗻𝘇𝗲́ : Signifie "Le marché". Il s'est développé autour des camps de travailleurs du chemin de fer (le CFCO). Il s'est formé spontanément autour d'un point de ravitaillement devenu permanent jusqu'à se transformer en "petit marché". On l'appelait parfois le quartier des "mangeurs de riz" à cause de l'influence des travailleurs ouest-africains et des techniques agricoles introduites par les travailleurs chinois dans les années 1920. > 𝘃. 𝟭𝟵𝟰𝟬 - 𝗠𝗼𝘂𝗻𝗴𝗮𝗹𝗶 : Tire son nom de la rivière locale (actuelle Maduku, certainement). Une zone de pêche et de maraîchage appartenant à une famille Téké, à l'origine. Avec l'explosion démographique après la Seconde Guerre mondiale, les terres ont été loties pour désengorger Poto-Poto. > 𝟭𝟵𝟰𝟮 - 𝗧𝗮𝗹𝗮𝗻𝗴𝗮𝗶̈ : Regarde-Moi signifie « Regarde-moi ». Le quartier naît de l’ambition de familles venues du Nord-Congo, qui y construisent des maisons en dur comme marque de réussite. Après les expulsions de Congolais de Léopoldville en 1964, il accueille aussi de nombreux rapatriés. Selon certains récits, son nom devient alors un symbole de résilience : « Regardez comme nous avons su nous reconstruire. » Comme le disaient les anciens Bakongo : « Mavula ma tuari », Brazzaville appartient à tout le monde. #LePerroquet #HistoireEtSociété #Nkouna #Congo #Brazzaville

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