medus'Ella 🏍 :
je comprends que ce soit frustrant, mais il faut aussi se rappeler que les personnes sans domicile n'ont pas de plaisirs au quotidien. Pour nous, choisir ce qu'on mange paraît " normal ", mais pour elles, avoir une envie particulière peut être une façon de se sentir "comme tout le monde" pendant un instant.
On se dit souvent : « Quand on a vraiment faim, on prend ce qu'il y a. » Et c'est vrai dans certains cas. Mais parfois, pour le peu qu'ils peuvent demander, ou le peu qu'on leur proposes, ils tentent quand même d'obtenir quelque chose qui leur fait plaisir.
J'en avais discuté avec un sans-abri qui était près d'une boulangerie. Je lui avais proposé quelque chose à manger, et il m'avait demandé un éclair à la vanille plutôt qu'un repas car c'était « son petit plaisir » quand il n'était pas à la rue. Ça m'a marqué, parce que j'ai compris que le réconfort mental compte aussi. Ce n'est pas seulement une question de remplir son estomac, c'est aussi garder un peu de dignité et de plaisir dans une situation très difficile.
Et bien sûr, ça n'enlève rien au fait que certaines réactions puissent paraître irrespectueuses, voire l'être réellement. Mais vivre dans la rue, subir l'exclusion, le regard des autres, l'insécurité permanente, des années de galère etc.. ça peut profondément changer une personne. Sans excuser tous les comportements, je pense qu'il faut garder à l'esprit qu'on ne peut pas vraiment imaginer ce qu'est la misère de leur situation tant qu'on ne l'a pas vécue. On ne voit pas tout ce qu'il y a derrière : la fatigue, la honte, les traumatismes, les déceptions répétées. Ils ont simplement le besoin de conserver un peu de contrôle sur leur vie.
Ça n'excuse pas tout, mais ça permet parfois de comprendre davantage avant de juger..
2026-06-16 04:36:41