lous 57 :
T'as pas complètement tord sur le fond, mais attention à la façon dont tu formules ça. Ceux qui cherchent une excuse à tout pour défendre systématiquement des personnes racisées, quitte à fermer les yeux sur des trucs qui poseraient problème venant de n'importe qui d'autre, c'est un vrai travers, mais c'est aussi un réflexe assez logique dans un rapport de force où les personnes racisées sont structurellement plus attaquées et moins crues. Ça penche un peu fort parfois, mais ça rééquilibre aussi une balance qui penche depuis longtemps dans l'autre sens. Difficile de reprocher à des gens de sur-corriger quand la norme de base, c'est plutôt l'inverse.
Le vrai souci, c'est quand ce réflexe de défense se transforme en jugement des autres, quand on se met à trier qui a le droit de critiquer, qui "fait le jeu de l'adversaire", qui n'est pas assez radical ou pas assez nuancé. Là on ne défend plus une personne attaquée, on surveille les rangs. Plein de gens rentrent dans un mouvement par effet de mode, en disant parfois n'importe quoi au début, et c'est justement au contact des autres, des rencontres, du vécu, qu'ils finissent souvent par s'éduquer et affiner leur positionnement. C'est notre boulot de les accompagner là-dedans, pas de les juger d'entrée.
Donc oui, dénoncer les excès qui déforment un vrai combat, mais sans oublier que certains de ces excès sont une réponse disproportionnée parfois, mais pas illégitime, à un déséquilibre bien réel. Après, il y a aussi une forme de jugement qui va dans l'autre sens et qui pose autant problème : "si t'es de gauche t'es forcément vegan" ou l'équivalent. Ça part sans doute d'une bonne intention, mais ça revient à exiger une conformité totale plutôt qu'accepter que les gens avancent à leur rythme, et ça, c'est la même condescendance qu'on prétend combattre.
2026-07-03 07:45:52