GG :
C'est une partie de notre histoire très peu connue en France.
Est-ce que vous la connaissez vous-même ?
C'est la traite des esclaves blancs en Barbarie.
Entre les 14e et 19e siècle, des corsaires de la côte nord-africaine, je parle de l'Algérie, de la Tunisie, de la Libye, du Maroc, capturent des centaines de milliers d'Italiens, d'Espagnols, de Français, de Portugais, d'Anglais, d'Irlandais.
Ça va même jusqu'à Rekjavik en Islande, pour les réduire en esclavage.
La piraterie barbaresque, elle existe depuis l'arrivée de l'islam.
Et c'est à partir du XIVe siècle qu'elle devient un système organisé.
C'est systémique, comme on dirait aujourd'hui.
Je n'aime pas ce mot.
Du XVIe au XIXe siècle, elle atteint son apogée, on le dit aussi parfois le XVIIIe.
Les corsaires agissent avec l'autorisation du pouvoir pour capturer des navires chrétiens, attaquer les côtes, enlever hommes, femmes, enfants, pour les revendre et exiger une rançon.
Alger, sous domination ottomane, devient la plaque tournante de cette traite humaine en Méditerranée occidentale.
Est-ce que Barberousse vous évoque des souvenirs ?
Les chiffres maintenant, ils varient.
L'historien américain Robert Davis estime qu'entre 1530 et 1780, on a 1 million à 1 million 250 000 Européens réduits en esclavage en Afrique du Nord.
D'autres parlent de 500 000 à 800 000.
J'ai lu aussi jusqu'à 2,5 millions.
Les régions françaises les plus touchées : Provence, Londres, Corse.
Énormément de villages côtiers attaqués, parfois entièrement vidés de leurs habitants.
Beaucoup se reconstruisent en hauteur pour se protéger.
Pour replacer ça dans un contexte plus large, les historiens estiment à 17 millions le nombre d'Africains subsahariens, donc au sud du Sahara, victimes de la traite arabo-musulmane sur plus de 13 siècles, selon l'historien américain Ralph Austin, qui est une référence.
C'est une traite dont on parle encore moins.
Les captifs européens travaillent aux fortifications, dans les chantiers navals, dans les galères.
Les galériens sont enchaînés aux rames, ils subissent les conditions les plus dures.
Les femmes sont vendues comme domestiques ou pour les harems.
L'écrivain espagnol Cervantès, l
2026-07-17 03:59:28