So.96 :
Il a beau être doux et profondément gentil, je crains qu’à long terme, son mal-être ne finisse par éteindre quelque chose en moi. Lorsqu’une personne peine à trouver sa propre valeur, elle finit parfois par la chercher dans le regard de l’autre, et je ne veux pas devenir le miroir dont dépendra son estime de lui-même. C’est un poids que je ne souhaite pas porter.
Je conseillerais à ton ami de retrouver d’abord la paix dans son individualité. Avant le « nous », il y a le « je ». Avant de construire une vie à deux, il faut pouvoir habiter la sienne avec sérénité.
Et puis, quelqu’un qui n’a pas eu de relation sexuelle depuis un certain temps ne mérite ni mépris ni médaille. Ce n’est ni une honte à dissimuler, ni un mérite à célébrer. C’est simplement une circonstance de la vie.
Moi, j’aspire à un amour qui ouvre les fenêtres plutôt qu’à un amour qui les ferme. Je veux un partenaire avec qui croquer la vie à pleines dents, quelqu’un avec qui partir à la découverte de ses merveilles, nous perdre dans une ville inconnue, partager un bon restaurant, prendre la route sur un coup de tête, voyager, rire, apprendre et créer, encore et encore, de nouveaux souvenirs.
Je ne veux pas être son monde. Je veux que nous ayons chacun le nôtre, et que nous choisissions chaque jour de nous retrouver au milieu des deux.
Parce que je ne veux pas seulement construire un « nous ». Je veux que ce « nous » soit composé de deux personnes vivantes, épanouies et curieuses du monde.
S’il n’est pas dans cette disposition aujourd’hui, je crains que son mal-être ne finisse par devenir le mien. Et je refuse de m’éteindre pour tenir compagnie à quelqu’un qui n’a pas encore retrouvé sa propre lumière.
2026-08-31 17:12:12