bazilpalambwa :
Cher ami, permettez-moi une petite leçon de méthode avec toute la bienveillance qu’un professeur peut avoir pour un élève brillant… mais encore un peu trop catégorique. 😊En histoire et en culture, les frontières politiques contemporaines ne suffisent pas toujours à enfermer les patrimoines. Le Seba, par exemple, est bel et bien documenté en RDC, notamment dans l’Ubangi, où le Musée royal de l’Afrique centrale répertorie des flûtes « seba » chez les Lobala et les Ngbaka-Ma’bo. Mais cela ne permet pas pour autant de décréter qu’il serait exclusivement congolais-kinois, ni d’effacer ses circulations culturelles dans le bassin du Congo.Pour l’Afro Mbokalisation, soyons tout aussi précis : le concept artistique a été créé et revendiqué par Afara Tsena, artiste du Congo-Brazzaville. Très bien. Mais lui-même le présente comme un mélange de coupé-décalé, de ndombolo et de sonorités folkloriques congolaises. Autrement dit, une création peut avoir un auteur sans que chacune des composantes de son langage musical devienne, par magie, la propriété exclusive d’un État.C’est justement là que l’intelligence historique commence : distinguer l’invention, l’influence, l’appropriation, la diffusion et l’héritage.Dire que « toutes les sonorités qui font succès viennent de chez nous » est donc une affirmation bien audacieuse. Et l’histoire, heureusement, se montre rarement aussi obéissante. 😄Le Congo-Brazzaville a son immense patrimoine. Le Congo-Kinshasa a le sien. Et surtout, les deux rives appartiennent à un espace culturel beaucoup plus ancien que les frontières tracées sur nos cartes.La culture circule. Les artistes s’influencent. Les peuples se rencontrent. Les rythmes voyagent.Bref, cher ami : revendiquons nos patrimoines avec fierté, mais évitons de transformer la fierté en absolutisme. Car en matière de culture, celui qui prétend posséder « tout » finit souvent par démontrer qu’il connaît encore trop peu l’histoire de ce qu’il revendique. 😉
2026-09-12 14:31:20