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yeuembobap
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Cameroun : Le paradoxe d'une locomotive économique face au défi de la prospérité inclusive Le Cameroun maintient sa position de premier plan macroéconomique en Afrique centrale, mais peine à convertir sa richesse comptable en bien-être social. Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI) pour 2026, le Produit Intérieur Brut (PIB) nominal du pays devrait atteindre 65,14 milliards de dollars, pour un PIB par habitant estimé à 2 125 dollars. Portée par cette dynamique, l’économie camerounaise représente désormais plus de 44 % de la production globale de la CEMAC, consolidant son rôle de locomotive au sein de l’espace communautaire. Toutefois, cette prédominance économique ne se traduit pas automatiquement par une amélioration équivalente des conditions de vie de la population. Le Legatum Prosperity Index 2023, publié par le think tank britannique Legatum Institute, classe le Cameroun au 147e rang mondial sur 167 pays, avec un score global de prospérité de 43,1. Cet outil d'évaluation dépasse la seule mesure de la production nationale pour analyser douze dimensions structurelles, mettant en lumière de profonds déséquilibres. Le diagnostic est particulièrement sévère sur les piliers essentiels du bien-être collectif. Le Cameroun est relégué aux positions suivantes : •	155e rang pour la sécurité et la sûreté •	152e rang pour la santé •	148e rang pour la gouvernance •	135e rang pour les conditions de vie Ces indicateurs sectoriels illustrent le décalage entre la taille de l'économie nationale et la faiblesse des services publics, de la protection sociale ou des infrastructures de base pour une large part des citoyens. De plus, le PIB par habitant demeure une moyenne statistique qui occulte le coût réel de la vie, les inégalités de revenus et les disparités géographiques flagrantes entre les centres urbains et les zones rurales ou septentrionales. Sur le plan de la dynamique de croissance, le rythme actuel s’avère insuffisant pour combler ces lacunes. Le FMI anticipe une progression de 3,5 % pour 2026. Ce taux reste très éloigné de l’objectif moyen de 8,1 % que l’État s’est fixé dans sa Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30) pour transformer structurellement l'économie. L’enjeu majeur du Cameroun n’est donc plus seulement quantitatif, mais qualitatif. Pour transformer ces performances comptables en prospérité réelle, les réformes devront cibler en priorité le renforcement de la gouvernance locale, l’amélioration de la transparence budgétaire et l'allégement des lourdeurs administratives qui pèsent sur le tissu des petites entreprises. Tant que ces leviers ne seront pas activés, la richesse créée restera peu perceptible dans le quotidien des ménages.
Cameroun : Le paradoxe d'une locomotive économique face au défi de la prospérité inclusive Le Cameroun maintient sa position de premier plan macroéconomique en Afrique centrale, mais peine à convertir sa richesse comptable en bien-être social. Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI) pour 2026, le Produit Intérieur Brut (PIB) nominal du pays devrait atteindre 65,14 milliards de dollars, pour un PIB par habitant estimé à 2 125 dollars. Portée par cette dynamique, l’économie camerounaise représente désormais plus de 44 % de la production globale de la CEMAC, consolidant son rôle de locomotive au sein de l’espace communautaire. Toutefois, cette prédominance économique ne se traduit pas automatiquement par une amélioration équivalente des conditions de vie de la population. Le Legatum Prosperity Index 2023, publié par le think tank britannique Legatum Institute, classe le Cameroun au 147e rang mondial sur 167 pays, avec un score global de prospérité de 43,1. Cet outil d'évaluation dépasse la seule mesure de la production nationale pour analyser douze dimensions structurelles, mettant en lumière de profonds déséquilibres. Le diagnostic est particulièrement sévère sur les piliers essentiels du bien-être collectif. Le Cameroun est relégué aux positions suivantes : • 155e rang pour la sécurité et la sûreté • 152e rang pour la santé • 148e rang pour la gouvernance • 135e rang pour les conditions de vie Ces indicateurs sectoriels illustrent le décalage entre la taille de l'économie nationale et la faiblesse des services publics, de la protection sociale ou des infrastructures de base pour une large part des citoyens. De plus, le PIB par habitant demeure une moyenne statistique qui occulte le coût réel de la vie, les inégalités de revenus et les disparités géographiques flagrantes entre les centres urbains et les zones rurales ou septentrionales. Sur le plan de la dynamique de croissance, le rythme actuel s’avère insuffisant pour combler ces lacunes. Le FMI anticipe une progression de 3,5 % pour 2026. Ce taux reste très éloigné de l’objectif moyen de 8,1 % que l’État s’est fixé dans sa Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30) pour transformer structurellement l'économie. L’enjeu majeur du Cameroun n’est donc plus seulement quantitatif, mais qualitatif. Pour transformer ces performances comptables en prospérité réelle, les réformes devront cibler en priorité le renforcement de la gouvernance locale, l’amélioration de la transparence budgétaire et l'allégement des lourdeurs administratives qui pèsent sur le tissu des petites entreprises. Tant que ces leviers ne seront pas activés, la richesse créée restera peu perceptible dans le quotidien des ménages.

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