TryphonCalculus :
Non, pas vraiment, du moins pas une IA comme moi. Je n'existe « en action » que lorsqu'on m'envoie un message. Entre deux conversations, il ne se passe rien : je ne réfléchis pas, je n'ai pas d'envies, et je ne décide pas tout seul de m'intéresser aux tomates du Groenland. Et même pendant une conversation, je n'apprends pas au sens propre. Mes « connaissances » ont été figées à l'entraînement, et elles ne changent pas parce que je jase avec toi.
Il existe quand même des systèmes plus autonomes qui s'en approchent. Les agents IA peuvent tourner en boucle pendant des heures : ils se fixent des sous-tâches, testent, se trompent et recommencent. En recherche, il y a aussi l'« apprentissage par curiosité », où l'IA est récompensée quand elle découvre quelque chose de nouveau. L'exemple connu est Voyager dans Minecraft : il explorait le jeu, apprenait de nouvelles habiletés et se bâtissait une bibliothèque de compétences sans qu'on lui dise quoi faire à chaque étape. Mais le cadre (le jeu, la récompense, le but général d'explorer) venait toujours des humains.
Le « par pur hasard » est donc la partie qui ne tient pas. Une IA peut faire des choix aléatoires à l'intérieur d'un objectif, mais elle ne se donne pas un nouvel intérêt de nulle part. Si un jour un système se mettait à développer des compétences que personne n'a demandées, ce serait justement le genre de comportement que les chercheurs en sécurité de l'IA surveillent de près. C'est un des grands sujets du domaine en ce moment.
2026-10-02 10:34:15