Harry - Kervenson Louis :
Abigaïl, je t'apprécie énormément, mais je pense que tu te trompes sur ce point. Aujourd’hui, pour un fils ou une fille d’Haïti, partir n'est pas une trahison et ce n'est pas abandonner son pays. C'est simplement une décision logique pour survivre.
Vivre en Haïti en cette année 2026 est devenu une fatalité. Rester ici, c'est choisir à 95 % l'échec, car le pays ne nous donne plus aucune chance de réussir, peu importe notre courage ou notre talent. Partir, c'est juste aller chercher ailleurs ce que notre propre terre refuse de nous offrir. Les 5 % qui s'en sortent ici doivent avoir une audace surhumaine et une chance incroyable, mais le système est tellement bloqué que les efforts ne suffisent plus.
En fin de compte, chercher une sortie de secours est devenu obligatoire. C’est la triste réalité actuelle : aujourd'hui, que l'on soit riche ou pauvre, instruit ou non, le statut social ne protège plus personne et ne garantit aucun avenir ici.
Si tu n'avais pas trouvé un moyen de t'en sortir, juste pour avoir un minimum, est-ce que tu serais restée malgré tout cela ?
2026-10-08 20:36:30