PsychopatheEnPyjama :
À Liège, certains jeunes cassent pour se faire entendre. Est-ce que la casse est une bonne chose ? Non. Mais avant de les condamner immédiatement, il faudrait peut-être se demander pourquoi ils en arrivent là.
Depuis des années, les manifestations pacifiques, les pétitions et les mobilisations citoyennes se multiplient sans que le pouvoir politique semble réellement entendre la colère qui monte. Alors oui, la violence et les dégradations posent problème, mais réduire ces jeunes à des « casseurs » permet surtout d’éviter de parler du fond : qu’est-ce qui pousse une génération à avoir le sentiment que sa voix ne compte plus ?
L’histoire nous montre d'ailleurs que les grandes avancées sociales ne sont pas toujours nées de manifestations parfaitement sages et silencieuses. Mai 68 en est un exemple : les mouvements sociaux et les fortes tensions de l'époque ont contribué à imposer des négociations et des changements importants. Cela ne signifie pas que la violence est la solution, mais que le pouvoir commence parfois à écouter lorsque la contestation devient impossible à ignorer.
Et puis, il y a quelque chose d'assez facile dans le fait de critiquer ces jeunes depuis son canapé. Beaucoup de ceux qui les condamnent immédiatement ne peuvent ou ne veulent pas les rejoindre : crédit immobilier, voiture à payer, prêts, factures, peur de perdre son emploi… Une société où une grande partie de la population est financièrement dépendante est aussi une société où la contestation devient plus difficile.
Alors non, je ne dis pas que casser est correct. Je dis simplement qu'avant de condamner ceux qui explosent de colère, il serait peut-être temps d'écouter ceux qui ont essayé de parler pacifiquement et qui ont le sentiment de ne pas être entendus.
Parce qu'une jeunesse qui casse, ce n'est pas seulement une jeunesse qu'il faut réprimer.
C'est peut-être aussi le symptôme d'une société qui n'écoute plus assez sa jeunesse.
2026-10-07 21:54:27