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BRANICET TZ OFFICIEL
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Thursday 22 October 2026 07:17:15 GMT
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NOUS SOMMES LA GÉNÉRATION SACRIFIÉE ! Nous sommes la génération sacrifiée, oui, sacrifiée. Et ne me demande pas sur quel autel ni par quel prêtre : tu connais déjà la réponse. Tu sais aussi que les prêtres ne se confessent jamais. Nous sommes cette génération à qui on avait servi l’espoir dans un grand verre et à qui on a fait boire le désespoir jusqu’à la lie. Cette génération à qui on avait promis un chemin d’avenir et qui cherche encore son devenir comme on cherche ses clés après la dernière bouteille. Cette génération à qui on avait juré qu’elle aurait du travail et qui porte aujourd’hui le chômage comme un costume sur mesure, le seul que le pays ait jamais pris la peine de lui tailler. Cette génération à qui on avait dit que son tour viendrait de diriger le pays et qui marche encore derrière les vieux. Ces vieux qui ne sont jamais rassasiés et qui continuent de se servir dans la marmite commune en disant qu’ils ont encore faim, alors qu’ils ont dévoré la marmite, la louche et même la cuisinière ! La politique dans ce pays a ce talent rare d’éloigner les vieux de la sagesse et de jeter les jeunes dans la vanité. Pendant que le pays rend l’âme sur son lit de misère, les dirigeants mentent. Ils mentent tellement qu’ils n’ont même plus honte. Quand leur mensonge est dévoilé le matin, ils en fabriquent un autre pour le déjeuner et, le soir, ils dorment comme des bébés. Ce sont d’ailleurs les seuls bébés du pays qui dorment bien. Nous voilà donc dans un pays endetté jusqu’aux cheveux et, pourtant, rien n’a changé. Rien ! Regarde le robinet qui tousse, qui crache, qui ne rend que du vent, comme un vieux ivrogne qui n’a plus de promesses à faire. Regarde l’électricité qui passe quand elle veut, comme une belle-mère en visite. Regarde l’hôpital, ce mouroir où l’on entre avec une fièvre et d’où l’on sort avec un faire-part. Regarde l’école qui enseigne la médiocrité avec une application que même les meilleurs élèves n’atteignent pas. Regarde l’armée, pleine d’officiers fêtards qui ne font la guerre qu’aux bouteilles. Regarde la fonction publique où l’on entre sur présentation d’une enveloppe et non d’un diplôme. Regarde les bourses des étudiants qui se distribuent par la tribu et par la famille, comme l’héritage d’un oncle qui n’aurait aimé que les siens. Oui, mon cher, le pays est sale, sale, sale ! Le président Ngouabi disait, paraît-il, que si ton pays est sale, il faut le laver avec ton sang, si ton sang est le savon qui peut le rendre propre. Mais le brave homme n’avait pas prévu que certaines saletés ne se contentent pas d’un seul savon. Elles résistent, elles s’accrochent, elles ont des racines. Il nous faut une machine à laver, une vraie, avec un programme long et un essorage violent, parce que notre pays est si sale qu’il faut tout laver : les vieux, les jeunes, les bébés et même les forêts. Tout ! Jusqu’à ce que plus aucune saleté ne se voie dans ce pays qui fut beau, très beau, il y a belle lurette. LEVANN VALENTIN
NOUS SOMMES LA GÉNÉRATION SACRIFIÉE ! Nous sommes la génération sacrifiée, oui, sacrifiée. Et ne me demande pas sur quel autel ni par quel prêtre : tu connais déjà la réponse. Tu sais aussi que les prêtres ne se confessent jamais. Nous sommes cette génération à qui on avait servi l’espoir dans un grand verre et à qui on a fait boire le désespoir jusqu’à la lie. Cette génération à qui on avait promis un chemin d’avenir et qui cherche encore son devenir comme on cherche ses clés après la dernière bouteille. Cette génération à qui on avait juré qu’elle aurait du travail et qui porte aujourd’hui le chômage comme un costume sur mesure, le seul que le pays ait jamais pris la peine de lui tailler. Cette génération à qui on avait dit que son tour viendrait de diriger le pays et qui marche encore derrière les vieux. Ces vieux qui ne sont jamais rassasiés et qui continuent de se servir dans la marmite commune en disant qu’ils ont encore faim, alors qu’ils ont dévoré la marmite, la louche et même la cuisinière ! La politique dans ce pays a ce talent rare d’éloigner les vieux de la sagesse et de jeter les jeunes dans la vanité. Pendant que le pays rend l’âme sur son lit de misère, les dirigeants mentent. Ils mentent tellement qu’ils n’ont même plus honte. Quand leur mensonge est dévoilé le matin, ils en fabriquent un autre pour le déjeuner et, le soir, ils dorment comme des bébés. Ce sont d’ailleurs les seuls bébés du pays qui dorment bien. Nous voilà donc dans un pays endetté jusqu’aux cheveux et, pourtant, rien n’a changé. Rien ! Regarde le robinet qui tousse, qui crache, qui ne rend que du vent, comme un vieux ivrogne qui n’a plus de promesses à faire. Regarde l’électricité qui passe quand elle veut, comme une belle-mère en visite. Regarde l’hôpital, ce mouroir où l’on entre avec une fièvre et d’où l’on sort avec un faire-part. Regarde l’école qui enseigne la médiocrité avec une application que même les meilleurs élèves n’atteignent pas. Regarde l’armée, pleine d’officiers fêtards qui ne font la guerre qu’aux bouteilles. Regarde la fonction publique où l’on entre sur présentation d’une enveloppe et non d’un diplôme. Regarde les bourses des étudiants qui se distribuent par la tribu et par la famille, comme l’héritage d’un oncle qui n’aurait aimé que les siens. Oui, mon cher, le pays est sale, sale, sale ! Le président Ngouabi disait, paraît-il, que si ton pays est sale, il faut le laver avec ton sang, si ton sang est le savon qui peut le rendre propre. Mais le brave homme n’avait pas prévu que certaines saletés ne se contentent pas d’un seul savon. Elles résistent, elles s’accrochent, elles ont des racines. Il nous faut une machine à laver, une vraie, avec un programme long et un essorage violent, parce que notre pays est si sale qu’il faut tout laver : les vieux, les jeunes, les bébés et même les forêts. Tout ! Jusqu’à ce que plus aucune saleté ne se voie dans ce pays qui fut beau, très beau, il y a belle lurette. LEVANN VALENTIN

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