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اميره شعبان عبدو
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Ernest Ouandié (1924-1971) : le dernier chef historique de l'UPC, fusillé en public à Bafoussam. Ruben Um Nyobè est tué en 1958, Félix-Roland Moumié empoisonné en 1960. Ernest Ouandié, né en 1924 à Badoumla, dans le Haut-Nkam, est instituteur quand il devient vice-président de l'Union des Populations du Cameroun en 1952, au congrès d'Éséka. Après l'interdiction du parti en 1955, il part en exil. Le 23 juillet 1961, il rentre clandestinement au Cameroun pour diriger le maquis. Abel Kingué meurt en exil en 1964, Osende Afana est tué en 1966 : en 1970, Ouandié est le dernier dirigeant historique de l'UPC encore en vie. En août 1970, selon le récit de son secrétaire Mathieu Njassep, Mgr Albert Ndongmo, évêque de Nkongsamba, aide les deux hommes à se cacher dans une plantation de café près de Mbanga, en vue de les faire sortir du pays. L'évêque part pour Rome, l'attente se prolonge, et les deux hommes sont repérés. Njassep, blessé au pied, est pris. Ouandié s'échappe, puis tombe aux mains des autorités le 19 août 1970. Les versions divergent : capture par des habitants des environs de Mbanga, ou reddition à la gendarmerie. L'avocat sénégalais Fadilou Diop arrive au Cameroun pour le défendre. Il est expulsé sans avoir pu rencontrer son client. Le procès s'ouvre le 26 décembre 1970 devant le tribunal militaire de Yaoundé. Ouandié récuse son avocat commis d'office, déclare avoir parlé sous la torture, puis se tait. Il est condamné à mort début janvier 1971 et ne demande pas la grâce présidentielle. Le 5 janvier 1971, à Paris, le président Georges Pompidou s'inquiète auprès de Jacques Foccart, son conseiller aux affaires africaines, du calendrier de sa visite officielle. Foccart rapporte ses mots dans son journal : « Il n'est pas possible qu'ils zigouillent un certain nombre de condamnés juste avant mon arrivée. » La visite est maintenue. Pompidou atterrit à Yaoundé le 9 février 1971. Le 15 janvier 1971 au matin, la population de Bafoussam est convoquée pour une « réunion d'information ». Trois hommes sont fusillés devant elle : Ernest Ouandié, Gabriel Tabeu et Raphaël Fotsing. Selon un témoignage conservé dans les archives, un seul député applaudit, et une femme crie de ne pas les exécuter. Ouandié passe en dernier et refuse qu'on lui bande les yeux. Il est enterré le jour même dans l'une des trois fosses creusées côte à côte. Des années plus tard, sa famille revient chercher son crâne pour les funérailles, et son fils Philippe fait aménager la tombe. SOURCES - Commission France-Cameroun, volet « Recherche », dir. Karine Ramondy, Hermann, 2025, chap. « L'affaire Ndongmo-Ouandié », pp. 805-821 (archives nationales françaises, archives du comité de défense Cideo, entretiens) - Jacques Foccart, Journal de l'Élysée, t. 3, Fayard / Jeune Afrique, 1999, p. 564 - Mathieu Njassep et Flaubert Nganya, L'avenir nous donnera raison, 2012 (témoin) - « Le procès de la rébellion », d'après La Presse du Cameroun, décembre 1970 (Osidimbea) - Larousse, Journal de l'année 1971, « Afrique » - Meredith Terretta, revue Humanity, 14(1), 2023 #Cameroun #Histoire #Ouandié #UPC #Bafoussam #HistoireAfricaine #OurHistory237 #Mémoire #Indépendance
Ernest Ouandié (1924-1971) : le dernier chef historique de l'UPC, fusillé en public à Bafoussam. Ruben Um Nyobè est tué en 1958, Félix-Roland Moumié empoisonné en 1960. Ernest Ouandié, né en 1924 à Badoumla, dans le Haut-Nkam, est instituteur quand il devient vice-président de l'Union des Populations du Cameroun en 1952, au congrès d'Éséka. Après l'interdiction du parti en 1955, il part en exil. Le 23 juillet 1961, il rentre clandestinement au Cameroun pour diriger le maquis. Abel Kingué meurt en exil en 1964, Osende Afana est tué en 1966 : en 1970, Ouandié est le dernier dirigeant historique de l'UPC encore en vie. En août 1970, selon le récit de son secrétaire Mathieu Njassep, Mgr Albert Ndongmo, évêque de Nkongsamba, aide les deux hommes à se cacher dans une plantation de café près de Mbanga, en vue de les faire sortir du pays. L'évêque part pour Rome, l'attente se prolonge, et les deux hommes sont repérés. Njassep, blessé au pied, est pris. Ouandié s'échappe, puis tombe aux mains des autorités le 19 août 1970. Les versions divergent : capture par des habitants des environs de Mbanga, ou reddition à la gendarmerie. L'avocat sénégalais Fadilou Diop arrive au Cameroun pour le défendre. Il est expulsé sans avoir pu rencontrer son client. Le procès s'ouvre le 26 décembre 1970 devant le tribunal militaire de Yaoundé. Ouandié récuse son avocat commis d'office, déclare avoir parlé sous la torture, puis se tait. Il est condamné à mort début janvier 1971 et ne demande pas la grâce présidentielle. Le 5 janvier 1971, à Paris, le président Georges Pompidou s'inquiète auprès de Jacques Foccart, son conseiller aux affaires africaines, du calendrier de sa visite officielle. Foccart rapporte ses mots dans son journal : « Il n'est pas possible qu'ils zigouillent un certain nombre de condamnés juste avant mon arrivée. » La visite est maintenue. Pompidou atterrit à Yaoundé le 9 février 1971. Le 15 janvier 1971 au matin, la population de Bafoussam est convoquée pour une « réunion d'information ». Trois hommes sont fusillés devant elle : Ernest Ouandié, Gabriel Tabeu et Raphaël Fotsing. Selon un témoignage conservé dans les archives, un seul député applaudit, et une femme crie de ne pas les exécuter. Ouandié passe en dernier et refuse qu'on lui bande les yeux. Il est enterré le jour même dans l'une des trois fosses creusées côte à côte. Des années plus tard, sa famille revient chercher son crâne pour les funérailles, et son fils Philippe fait aménager la tombe. SOURCES - Commission France-Cameroun, volet « Recherche », dir. Karine Ramondy, Hermann, 2025, chap. « L'affaire Ndongmo-Ouandié », pp. 805-821 (archives nationales françaises, archives du comité de défense Cideo, entretiens) - Jacques Foccart, Journal de l'Élysée, t. 3, Fayard / Jeune Afrique, 1999, p. 564 - Mathieu Njassep et Flaubert Nganya, L'avenir nous donnera raison, 2012 (témoin) - « Le procès de la rébellion », d'après La Presse du Cameroun, décembre 1970 (Osidimbea) - Larousse, Journal de l'année 1971, « Afrique » - Meredith Terretta, revue Humanity, 14(1), 2023 #Cameroun #Histoire #Ouandié #UPC #Bafoussam #HistoireAfricaine #OurHistory237 #Mémoire #Indépendance

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