@dra.bolsonaristapatriota: Tenho repulsa ao petismo!

Keila
Keila
Open In TikTok:
Region: BR
Monday 26 October 2026 13:25:47 GMT
2546
99
10
39

Music

Download

Comments

erlanegomes63
ℰ𝓇𝓁𝒶𝓃ℯ :
será que a globo vai amostrar kkkkk
2026-10-26 17:21:50
0
tohsouza0
Antonia Souza :
Misericórdia
2026-10-26 22:56:38
0
genivaldo.oliveir590
Genivaldo Oliveira :
👏👏👏 faz o 👆
2026-10-26 22:45:56
0
thaiseferreira1404
Thaise :
Mas aí pode ,foram os bandidos né... Faz o L
2026-10-26 13:33:51
1
leticia.maria199
Leticia Maria :
faz o L
2026-10-26 13:29:42
2
simonemedeiros032
Simone Medeiros :
faz o gugo
2026-10-26 13:34:10
0
marciaherlei23
Marcia Cruz :
Faz o L
2026-10-26 17:12:41
0
maxs42122gmail.com
Maxwell :
faz o L
2026-10-26 18:56:35
0
jucelia.tracz
jucelia tracz :
faz o L
2026-10-26 23:08:17
0
dorinha2799
🗝️🫟🦋💜Dorinha💜🦋🫟🗝️ :
😳😳😳
2026-10-26 13:28:18
0
To see more videos from user @dra.bolsonaristapatriota, please go to the Tikwm homepage.

Other Videos

En Martinique, il n'y a jamais eu de loi d'apartheid. Pas de panneaux. Pas de bus séparés. Pas de quartiers interdits. Et pourtant, deux mondes vivent sur la même île… sans presque jamais se croiser. Trois cent soixante mille habitants. Parmi eux, environ trois mille békés : les descendants des colons et des propriétaires d'esclaves. Moins d'un pour cent de la population. Mais, selon les estimations reprises par la presse, ils détiendraient plus de la moitié des terres agricoles. Et trois des sept grands groupes de la distribution leur appartiennent. Entre les deux, une frontière invisible. L'anthropologue Ulrike Zander décrit une communauté qui « vit toujours largement refermée sur elle-même, étant réfractaire aux unions mixtes et au métissage ». Dans cette idéologie, épouser une personne noire ou métisse est « la pire infraction morale ». En deux mille neuf, devant les caméras de Canal Plus, un grand patron béké le dit sans détour : « Dans les familles métissées… il n'y a pas d'harmonie. Nous, on a voulu préserver la race. » Écoles privées. Quartiers à part, comme Cap Èst, au François. Et même sur les terrains de foot, là où tout le pays se mélange, les enfants békés sont une rareté. Ce mur invisible a aussi sa version économique. Elle a un nom : l'octroi de mer. Une taxe née en mille six cent soixante-dix, sous la colonie, prélevée sur ce qui entre sur l'île. Les produits fabriqués sur place, eux, peuvent être exonérés, ou beaucoup moins taxés. Résultat : sur cent euros d'octroi de mer, à peine plus de trois viennent de la production locale. La Cour des comptes l'écrit : l'octroi de mer a tendance « plutôt à favoriser les entreprises présentes qu'à susciter des créations d'entreprises ». Or, qui importe, qui stocke, qui distribue… et qui produit sur place ? Souvent les mêmes grands groupes familiaux, du quai jusqu'au rayon. En deux mille vingt-six, l'Autorité de la concurrence le note : dans ces groupes, l'activité d'importateur-grossiste apparaît plus rentable que celle des magasins. Et l'interdiction des exclusivités d'importation y est appliquée « de manière variable ». Depuis deux mille vingt-cinq, la Collectivité territoriale de Martinique a même supprimé l'octroi de mer sur cinquante-quatre familles de produits importés : près de six mille références, des pâtes aux couches. Un cadeau fiscal qui transite d'abord par quatre groupes de distribution, qui tiennent plus de quatre-vingts pour cent du marché alimentaire. L'État a mesuré une baisse moyenne d'environ dix pour cent sur ces produits. Mais les marges, elles, restent opaques, selon l'Autorité de la concurrence. Au bout de la chaîne : une alimentation quarante pour cent plus chère que dans l'Hexagone. Cette puissance a ses relais jusque dans les ministères. Exemple : le chlordécone. Ce pesticide des bananeraies est interdit en France en mille neuf cent quatre-vingt-dix. Aux Antilles, il reste autorisé jusqu'en mille neuf cent quatre-vingt-treize, par dérogations. Qui les réclame ? Yves Hayot, président d'un groupement de producteurs de banane… et dirigeant de la société qui importe le produit. Devant les gendarmes, il reconnaîtra avoir « pratiqué personnellement un lobbying » auprès du ministre. Aujourd'hui, plus de quatre-vingt-dix pour cent des Martiniquais ont du chlordécone dans le sang. En juin deux mille vingt-six, une loi reconnaît enfin la responsabilité de l'État. Mais au pénal, le non-lieu est confirmé en appel. Personne n'a été jugé. Cette protection ne date pas d'hier. En mille huit cent quarante-neuf, au lendemain de l'abolition, la France indemnise… les maîtres : cent vingt-six millions de francs-or. Les esclaves libérés, eux, ne reçoivent rien. En mille neuf cent soixante-quatorze, à Chalvet, des gendarmes ouvrent le feu sur des ouvriers de la banane en grève. Deux ouvriers meurent. Personne ne sera puni. Et quand le peuple se lève, en deux mille neuf puis en deux mille vingt-quatre, on signe des protocoles. En deux mille vingt-quatre : moins vingt pour cent promis sur six mille produits.
En Martinique, il n'y a jamais eu de loi d'apartheid. Pas de panneaux. Pas de bus séparés. Pas de quartiers interdits. Et pourtant, deux mondes vivent sur la même île… sans presque jamais se croiser. Trois cent soixante mille habitants. Parmi eux, environ trois mille békés : les descendants des colons et des propriétaires d'esclaves. Moins d'un pour cent de la population. Mais, selon les estimations reprises par la presse, ils détiendraient plus de la moitié des terres agricoles. Et trois des sept grands groupes de la distribution leur appartiennent. Entre les deux, une frontière invisible. L'anthropologue Ulrike Zander décrit une communauté qui « vit toujours largement refermée sur elle-même, étant réfractaire aux unions mixtes et au métissage ». Dans cette idéologie, épouser une personne noire ou métisse est « la pire infraction morale ». En deux mille neuf, devant les caméras de Canal Plus, un grand patron béké le dit sans détour : « Dans les familles métissées… il n'y a pas d'harmonie. Nous, on a voulu préserver la race. » Écoles privées. Quartiers à part, comme Cap Èst, au François. Et même sur les terrains de foot, là où tout le pays se mélange, les enfants békés sont une rareté. Ce mur invisible a aussi sa version économique. Elle a un nom : l'octroi de mer. Une taxe née en mille six cent soixante-dix, sous la colonie, prélevée sur ce qui entre sur l'île. Les produits fabriqués sur place, eux, peuvent être exonérés, ou beaucoup moins taxés. Résultat : sur cent euros d'octroi de mer, à peine plus de trois viennent de la production locale. La Cour des comptes l'écrit : l'octroi de mer a tendance « plutôt à favoriser les entreprises présentes qu'à susciter des créations d'entreprises ». Or, qui importe, qui stocke, qui distribue… et qui produit sur place ? Souvent les mêmes grands groupes familiaux, du quai jusqu'au rayon. En deux mille vingt-six, l'Autorité de la concurrence le note : dans ces groupes, l'activité d'importateur-grossiste apparaît plus rentable que celle des magasins. Et l'interdiction des exclusivités d'importation y est appliquée « de manière variable ». Depuis deux mille vingt-cinq, la Collectivité territoriale de Martinique a même supprimé l'octroi de mer sur cinquante-quatre familles de produits importés : près de six mille références, des pâtes aux couches. Un cadeau fiscal qui transite d'abord par quatre groupes de distribution, qui tiennent plus de quatre-vingts pour cent du marché alimentaire. L'État a mesuré une baisse moyenne d'environ dix pour cent sur ces produits. Mais les marges, elles, restent opaques, selon l'Autorité de la concurrence. Au bout de la chaîne : une alimentation quarante pour cent plus chère que dans l'Hexagone. Cette puissance a ses relais jusque dans les ministères. Exemple : le chlordécone. Ce pesticide des bananeraies est interdit en France en mille neuf cent quatre-vingt-dix. Aux Antilles, il reste autorisé jusqu'en mille neuf cent quatre-vingt-treize, par dérogations. Qui les réclame ? Yves Hayot, président d'un groupement de producteurs de banane… et dirigeant de la société qui importe le produit. Devant les gendarmes, il reconnaîtra avoir « pratiqué personnellement un lobbying » auprès du ministre. Aujourd'hui, plus de quatre-vingt-dix pour cent des Martiniquais ont du chlordécone dans le sang. En juin deux mille vingt-six, une loi reconnaît enfin la responsabilité de l'État. Mais au pénal, le non-lieu est confirmé en appel. Personne n'a été jugé. Cette protection ne date pas d'hier. En mille huit cent quarante-neuf, au lendemain de l'abolition, la France indemnise… les maîtres : cent vingt-six millions de francs-or. Les esclaves libérés, eux, ne reçoivent rien. En mille neuf cent soixante-quatorze, à Chalvet, des gendarmes ouvrent le feu sur des ouvriers de la banane en grève. Deux ouvriers meurent. Personne ne sera puni. Et quand le peuple se lève, en deux mille neuf puis en deux mille vingt-quatre, on signe des protocoles. En deux mille vingt-quatre : moins vingt pour cent promis sur six mille produits.

About