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Gio de la Rosa
Gio de la Rosa
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maaryangl
Meyyyy :
Amén
2026-07-26 22:40:10
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Quand le pouvoir utilise ses prĂ©rogatives, c’est la Constitution. Quand le Parlement veut exercer les siennes, ce serait du sabotage ? Pendant des annĂ©es, les SĂ©nĂ©galais ont entendu des discours sur l’État de droit, la sĂ©paration des pouvoirs et le respect scrupuleux de la Constitution. Pourtant, lorsque les intĂ©rĂȘts de l’exĂ©cutif sont en jeu, les principes semblent parfois cĂ©der la place aux rapports de force. En France, confrontĂ© Ă  l’absence de majoritĂ© absolue, le gouvernement d’Emmanuel Macron a eu recours Ă  plusieurs reprises Ă  l’article 49.3 pour faire adopter des textes contestĂ©s. Juridiquement, la procĂ©dure est prĂ©vue par la Constitution. Politiquement, elle a Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©e par ses opposants comme le signe d’un pouvoir qui peine Ă  convaincre et prĂ©fĂšre imposer. Au SĂ©nĂ©gal, le recours au vote bloquĂ© s’inscrit dans une logique comparable : utiliser un mĂ©canisme constitutionnel pour empĂȘcher que certains amendements, y compris ceux que leurs auteurs prĂ©sentent comme l’expression de la volontĂ© populaire, soient examinĂ©s et adoptĂ©s. Certes, cette procĂ©dure est lĂ©gale. Mais la lĂ©galitĂ© ne suffit pas toujours Ă  fonder la lĂ©gitimitĂ© politique. Lorsqu’un tel outil est mobilisĂ© pour verrouiller le dĂ©bat parlementaire, chacun est libre de s’interroger : sert-il d’abord l’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la Nation ou rĂ©pond-il avant tout Ă  une stratĂ©gie de l’exĂ©cutif ? C’est lĂ  que commence la vĂ©ritable contradiction. Pourquoi serait-il considĂ©rĂ© comme normal que l’exĂ©cutif mobilise toutes les prĂ©rogatives que lui offre la Constitution pour imposer sa ligne, y compris lorsque celle-ci est vivement contestĂ©e, mais que le Parlement devrait, lui, renoncer aux pouvoirs que la Constitution lui reconnaĂźt ? Pourquoi les prĂ©rogatives de l’exĂ©cutif seraient-elles prĂ©sentĂ©es comme une nĂ©cessitĂ© institutionnelle, tandis que celles de l’AssemblĂ©e deviendraient soudainement du sabotage ? La Constitution n’a pas Ă©tĂ© Ă©crite pour protĂ©ger un camp contre un autre. Elle organise un Ă©quilibre entre les pouvoirs. Elle ne confĂšre pas Ă  l’exĂ©cutif un monopole de la lĂ©gitimitĂ© institutionnelle. On ne peut pas cĂ©lĂ©brer les mĂ©canismes constitutionnels lorsqu’ils confortent le pouvoir et les dĂ©noncer lorsqu’ils renforcent le Parlement. Ce serait appliquer une Constitution Ă  gĂ©omĂ©trie variable, oĂč les rĂšgles ne valent que lorsqu’elles servent les intĂ©rĂȘts du gouvernement. La dĂ©mocratie exige davantage de cohĂ©rence. Si le vote bloquĂ© est admis comme un outil constitutionnel lĂ©gitime lorsqu’il est utilisĂ© par l’exĂ©cutif, alors les prĂ©rogatives du Parlement doivent bĂ©nĂ©ficier du mĂȘme respect. À dĂ©faut, ce n’est plus la Constitution qui est dĂ©fendue, mais une certaine conception du pouvoir : celle oĂč les institutions sont acceptĂ©es lorsqu’elles obĂ©issent au gouvernement et contestĂ©es dĂšs qu’elles lui rĂ©sistent. PMD
Quand le pouvoir utilise ses prĂ©rogatives, c’est la Constitution. Quand le Parlement veut exercer les siennes, ce serait du sabotage ? Pendant des annĂ©es, les SĂ©nĂ©galais ont entendu des discours sur l’État de droit, la sĂ©paration des pouvoirs et le respect scrupuleux de la Constitution. Pourtant, lorsque les intĂ©rĂȘts de l’exĂ©cutif sont en jeu, les principes semblent parfois cĂ©der la place aux rapports de force. En France, confrontĂ© Ă  l’absence de majoritĂ© absolue, le gouvernement d’Emmanuel Macron a eu recours Ă  plusieurs reprises Ă  l’article 49.3 pour faire adopter des textes contestĂ©s. Juridiquement, la procĂ©dure est prĂ©vue par la Constitution. Politiquement, elle a Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©e par ses opposants comme le signe d’un pouvoir qui peine Ă  convaincre et prĂ©fĂšre imposer. Au SĂ©nĂ©gal, le recours au vote bloquĂ© s’inscrit dans une logique comparable : utiliser un mĂ©canisme constitutionnel pour empĂȘcher que certains amendements, y compris ceux que leurs auteurs prĂ©sentent comme l’expression de la volontĂ© populaire, soient examinĂ©s et adoptĂ©s. Certes, cette procĂ©dure est lĂ©gale. Mais la lĂ©galitĂ© ne suffit pas toujours Ă  fonder la lĂ©gitimitĂ© politique. Lorsqu’un tel outil est mobilisĂ© pour verrouiller le dĂ©bat parlementaire, chacun est libre de s’interroger : sert-il d’abord l’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la Nation ou rĂ©pond-il avant tout Ă  une stratĂ©gie de l’exĂ©cutif ? C’est lĂ  que commence la vĂ©ritable contradiction. Pourquoi serait-il considĂ©rĂ© comme normal que l’exĂ©cutif mobilise toutes les prĂ©rogatives que lui offre la Constitution pour imposer sa ligne, y compris lorsque celle-ci est vivement contestĂ©e, mais que le Parlement devrait, lui, renoncer aux pouvoirs que la Constitution lui reconnaĂźt ? Pourquoi les prĂ©rogatives de l’exĂ©cutif seraient-elles prĂ©sentĂ©es comme une nĂ©cessitĂ© institutionnelle, tandis que celles de l’AssemblĂ©e deviendraient soudainement du sabotage ? La Constitution n’a pas Ă©tĂ© Ă©crite pour protĂ©ger un camp contre un autre. Elle organise un Ă©quilibre entre les pouvoirs. Elle ne confĂšre pas Ă  l’exĂ©cutif un monopole de la lĂ©gitimitĂ© institutionnelle. On ne peut pas cĂ©lĂ©brer les mĂ©canismes constitutionnels lorsqu’ils confortent le pouvoir et les dĂ©noncer lorsqu’ils renforcent le Parlement. Ce serait appliquer une Constitution Ă  gĂ©omĂ©trie variable, oĂč les rĂšgles ne valent que lorsqu’elles servent les intĂ©rĂȘts du gouvernement. La dĂ©mocratie exige davantage de cohĂ©rence. Si le vote bloquĂ© est admis comme un outil constitutionnel lĂ©gitime lorsqu’il est utilisĂ© par l’exĂ©cutif, alors les prĂ©rogatives du Parlement doivent bĂ©nĂ©ficier du mĂȘme respect. À dĂ©faut, ce n’est plus la Constitution qui est dĂ©fendue, mais une certaine conception du pouvoir : celle oĂč les institutions sont acceptĂ©es lorsqu’elles obĂ©issent au gouvernement et contestĂ©es dĂšs qu’elles lui rĂ©sistent. PMD

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